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Un pays Francophone, une recette

  • March 20, 2019

 

CANADA

Tourtière de Porc*

 

INGRÉDIENTS

 Porc du Québec haché maigre           454 g / 1 lb     

 Beurre                                                 15 ml / 1 c. à table     

Oignon, haché finement                      1

Gousse d'ail, hachée finement            1

Bouillon de légumes ou de volaille ou d'eau 125 ml / 1/2 tasse        

Sarriette                                              2,5 ml / 1/2 c. à thé      

Clou de girofle moulu                         1 ml / 1/4 c. à thé      

Cannelle moulue                                1 ml / 1/4 c. à thé     

Sel et poivre frais moulu                    Au goût

Abaisses de pâte brisée maison ou du commerce     2 

1 Jaune d'oeuf battu                       Pour badigeonner

 
 
PRÉPARATION

  1. Placer la grille dans le bas du four. Préchauffer le four à 180 °C (350 °F).
  2. Dans une grande casserole, à feu moyen-vif, fondre le beurre. Y faire dorer l’oignon et l’ail environ 3 minutes. Ajouter la viande et faire revenir 5 minutes. Saler et poivrer.
  3. Incorporer le bouillon, la sarriette et les épices. Couvrir et laisser mijoter doucement environ 30 minutes en remuant fréquemment. Rectifier l’assaisonnement. Réserver.
  4. Foncer une assiette à tarte de 23 cm (9 po) avec une abaisse. Garnir de la préparation de viande. Recouvrir de la deuxième abaisse. Faire de petites incisions sur le dessus de la pâte pour permettre à la vapeur de s’échapper. Badigeonner de jaune d’œuf.
  5. Cuire au four environ 30 minutes ou jusqu’à ce que la croûte soit bien dorée.

*avec l’aimable autorisation de Le Porc du Quebec et du consulat général du Consulat du Canada à Hong Kong et Macao
*

BELGIQUE

GAUFRES DE BRUXELLES

(extrait du livret de recettes écrit par grand-mère*)

INGREDIENTS

- 3 œufs frais de ferme, jaunes et blancs séparés

- 340 g de lait chaud, de préférence entier

- 20 g de levure fraîche (ou 1 paquet de levure sèche active)

- 0,3 l d’eau gazeuse, température ambiante

- 360 g de farine auto-levante, tamisée

- 150 g de bon beurre

- une pincée de sel

- 28 g de sucre

 

PREPARATION

Séparez les blancs d'œufs et les jaunes dans deux bols et réservez.

Chauffez le lait en ajoutant avec votre levure et votre sucre. Laisser refroidir pendant 10 min.

Battre légèrement les jaunes et ajouter  le lait préparé.  Battre puis ajouter de l'eau pétillante et mélanger doucement jusqu'à obtenir  une consistance homogène. Tamiser la farine directement dans le mélange de lait, battre au batteur électrique jusqu'à ce que tous les grumeaux soient lissés.

Faites fondre le beurre dans une petite casserole et battez les blancs d'œufs jusqu’à ce qu’ils soient fermes. Verser le beurre fondu dans la pâte et incorporer délicatement à la main les blancs d'oeufs , puis ajouter une pincée de sel. Laisser la pâte reposer pendant 20-30 minutes afin que la levure puisse agir et que la pâte ait le temps de lever.

Lorsque la pâte présente des bulles et semble "vivante", vous êtes prêt à commencer la cuisson!

Assurez-vous de beurrer tous les côtés de votre gaufrier, qu’il soit non autocollant ou non. Versez 100 g de pâte par gaufre et laissez la gaufre brunir complètement. Chaque gaufrier est différent, il m'est donc un peu difficile de dire combien de temps cela prendra avec votre machine. Vous voulez que les gaufres soient croustillantes et brunes à l'extérieur.

Servez-le avec du sucre en poudre, du sucre brun ou de la crème fouettée pour un festin belge authentique… ou soyez un peu fou en ajoutant du bacon, du jambon ou du fromage croustillants à la pâte pour une combinaison salée et sucrée

*avec l’aimable autorisation du Consulat général de Belgique à Hong Kong et Macao

 
SUISSE

Cookies Savoyards au reblochon *

 

INGREDIENTS

  • 100 g de lardons
  • 1 demi reblochon
  • cumin en poudre
  • 90 g de beurre
  • sel, poivre
  • 135 g de farine de blé
  • ½ sachet de levure chimique
  • 2 œufs

 

PREPARATION

 

Préparation de la carotte et des lardons

  • Préchauffez le four à 180 °C (th. 6).
  • Dans une poêle, faites revenir la carotte en dès avec les lardons.
  • Mélangez le beurre mou avec la farine et la levure chimique.
  • Ajoutez les œufs puis les carottes et lardons. Assaisonnez avec sel, poivre et cumin.

Préparation du reblochon

  • Écroûtez le reblochon, découpez-le en carrés d'environ 2 cm sur une épaisseur de 1 cm.

Préparation des cookies

  • Sur une plaque à pâtisserie, déposez des noisettes de pâte et aplatissez un peu avec une cuillère.
  • Enfoncez (mais pas trop, ils ne doivent pas traverser la pâte) quelques carrés de reblochon au centre. Repliez les bords de la pâte sur le fromage de façon à le recouvrir.

Cuisson des cookies

  • Faites cuire au four pendant environ 10 à 15 minutes. Les cookies doivent être légèrement dorés.

*une recette de Madame Figaro

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Enseignement : Apprendre à enseigner le français langue étrangère

  • March 20, 2019

Il existe plusieurs chemins pour accéder au métier d’enseignant de français langue étrangère (FLE) : Outre les formations universitaires et les formations privées, l’Alliance Française de Hong Kong conseille et encadre ceux qui souhaitent découvrir le métier d’enseignant de langue. L’Alliance française  accompagne aussi les enseignants expérimentés par des programmes de formation continue tout au long de leur carrière.  Tour d’horizon de la formation initiale et continue dans les métiers du français langue étrangère.

Un diplôme privé, le DAEFLE

Elaboré par l’Alliance Française Paris Ile-de-France et diffusé par le centre national d'enseignement à distance (CNED), le DAEFLE, (diplôme d'aptitude à l'enseignement du français langue étrangère/seconde) est un diplôme privé à visée professionnelle. D’un volume horaire total de 480h réparti en six modules (cinq modules dits fondamentaux et un sixième module de spécialisation au choix), il propose d’acquérir les bases méthodologiques et pédagogiques pour enseigner le FLE. Elle est modulable. La formation peut s’effectuer sur 1, 2, 3 voire même 4 ans ! 

Pour suivre cette formation, un diplôme de fin d’études secondaires est suffisant mais il faut tout d’abord réussir un « test d’accès » à réaliser en ligne (test Evalang du centre international d’études pédagogiques - CIEP). Un examen final sur table clôture la formation et valide les compétences des candidats à l’enseignement du FLE. A Hong Kong, 26 personnes ont passé le test d’accès en 2018, pour 13 candidats à l’examen final. Une grande majorité des candidats choisissent la spécialisation « Enseigner le FLE aux enfants » dû à la forte demande dans ce secteur.

Les cours sont également disponibles sur une plateforme en ligne sur laquelle les candidats peuvent échanger avec leurs tuteurs, ou d’autres étudiants suivant la même formation.

Les formations universitaires à distance

Les Masters 1 et 2 les plus connus parmi les français de Hong Kong devenus enseignants, sont ceux de Grenoble, de l’université d’Artois, de La Réunion ou encore de Nantes : chacun d’entre eux ont des spécialisations liées aux domaines de recherche. Réalisé par le CIEP, en partenariat avec l’Asdifle (Association de didactique du FLE) et Buffle (Bureau des filières de FLE), un répertoire recense tous les masters de FLE proposés par les universités françaises. Il propose désormais la possibilité de faire une recherche à partir de critères précis : modalité, à distance ou hybride (présentiel / distance).

Les conditions d’accès varient selon les masters mais, en règle générale, un parcours initial en sciences humaines et notamment, une licence en langue, LEA, littérature, linguistique, ou sciences de l’éducation sont obligatoires. Dans le cas contraire, un DU (diplôme universitaire) est à suivre pour pouvoir accéder au master 1. C’est durant l’hiver qu’il faut préparer sa recherche en contactant les secrétariats pédagogiques car les dossiers universitaires sont à remettre au printemps.

La formation continue

L’Alliance Francaise de Hong Kong organise régulièrement des ateliers le mercredi où, durant deux heures, des points importants de la didactique et de l’enseignement du FLE sont abordés : les usages numériques, l’unité didactique d’un cours et dans les manuels, la pédagogie adaptée aux enfants…

Le BELC arrive à Hong Kong en juin prochain

Formations d’excellence pour les professionnels de l'éducation et du français, exerçant en France ou à l'étranger, les universités - BELC (Bureau d’études des langues et des cultures) offrent aux participants l'occasion de faire évoluer leurs pratiques professionnelles et de soutenir un projet de carrière dynamique. Piloté par le CIEP, le vaste choix proposé de modules des universités - BELC répond aux évolutions du français langue étrangère dans toutes ses dimensions, professionnelles, disciplinaires ou méthodologiques. En 2017, les universités – BELC ont célébré les 50 ans de leur création.

Afin de répondre aux attentes du réseau culturel pour l’organisation locale de formations contextualisées, des universités BELC sont organisées depuis 2012 à l’international. Après Taipei, Shanghai et Hanoi, c’est au tour de Hong Kong.

Grâce au soutien du Consulat Général de France à Hong Kong et à Macao et en partenariat avec l’AFLE (association des professeurs de français de Hong Kong), l’Alliance Française de Hong Kong accueillera une soixante de professeurs pour 5 jours intensifs de formation en juin prochain.

Plus d’informations:  https://hk.ifprofs.org/

https://afhongkong.org/

 

 

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Quatre auteurs francophones à l’honneur

  • March 20, 2019

 

Le mois de la francophonie est une invitation à découvrir ou redécouvrir des auteurs dont la langue est teintée d'accents venus d'ailleurs. L’alliance française a pioché quatre livres dans sa médiathèque. Quatre auteurs. De l’Asie au Maghreb, Elisa Shua Dusapin, Anna Moï, Joël Dicker et Tahar Ben Jelloun font raisonner la langue française de la plus belle manière.

Hiver à Sokcho d’Elisa Shua Dusapin, Editions Zoé, 2016

Ce court roman nous transporte dans la station balnéaire de Sokcho, en Corée du Sud. Dans cette petite ville proche de la frontière nord-coréenne, c’est l’hiver et l’attente. Tout semble en suspens jusqu’à ce que la vie reprenne. Nous assistons à la rencontre entre la narratrice, jeune Franco-Coréenne qui n’est jamais allée en Europe, et Kerrand, dessinateur français en quête d’inspiration en Asie. Entre eux, nul grand discours, mais une complicité silencieuse qui s’installe peu à peu. Le roman n’est pas riche en rebondissements, et pourtant, il nous enveloppe comme une couette un froid matin d’hiver. L’écriture d’Elisa ShuaDusapin est précise et minimaliste tout en étant chaleureuse : le quotidien de ces deux personnages en quête d’un bouleversement dans leur vie est rendu vivant par la description de détails émouvants.

Riz noir d’Anna Moï, Gallimard, 2006

Loin de Sokcho et de l’image d’une ville balnéaire désertée des touristes et figée dans le froid hivernal, nous voici dans le Vietnam de 1968. Saigon est à feu et à sang, déchiré par la guerre et le déferlement de violence causé par l’offensive du Têt. Deux sœurs sont retenues captives, torturées par des fonctionnaires, ces « gens ordinaires » qui, après leur journée de travail, retrouvent leur famille dans la simplicité de la sphère domestique. Au-delà des horreurs de la guerre et des souffrances des deux sœurs dans le bagne de Poulo Condor, c’est le Vietnam de son enfance que s’attache à nous offrir ici Anna Moï. Le murmure de l’océan Pacifique ; le bruissement des feuilles de thé ; l’odeur musquée des coupons de soie que vendait la mère des deux sœurs autrefois ; le parfum entêtant des fruits qui mûrissent puis tombent au pied des arbres, près du soupirail de la cellule de prison… Magnifiquement bien écrit, ce livre est un précieux témoignage historique autant qu’un roman initiatique, véritable ode aux femmes vietnamiennes.

 

Le Livre des Baltimore de Joël Dicker, De Fallois, 2015

On se souvient de l'immense succès de La vérité sur l'affaire Harry Quebert, paru en 2012 et couronné du Grand Prix de l'Académie Française. Si l'on pouvait reprocher à ce roman une écriture hésitante, un peu juvénile, il n'en est rien pour Le Livre des Baltimore. L'histoire se passe, une fois encore, aux Etats-Unis. Dans une grande épopée familiale, nous suivons l'âge d'or puis la lente chute de la famille Goldman, divisée en deux clans : les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Le narrateur, le jeune Marcus Goldman, fait partie de la branche des Montclair, famille de la classe moyenne du New Jersey. Il est fasciné par la branche des Baltimore, famille prospère à qui tout réussit, chez qui il passe ses meilleures vacances d'été. Mais un jour survient le "Drame" et tout bascule. Joël Dicker peint avec talent les espoirs et les obsessions d’un jeune adulte qui apprend peu à peu à renoncer à l’idéalisme et accepte de se confronter à la réalité – et si ce fameux clan des Goldman-des-Baltimore n’était pas cet écrin de perfection qu’il a toujours fantasmé ? L’ambiance américaine, la vivacité des personnages et le suspense sont autant de raisons de se plonger dans cet agréable roman. .

 

L'Enfant de sable de Tahar Ben Jelloun, Editions du Seuil, 1985

Le succès retentissant de ce roman lui doit d’être passé dans la catégorie des classiques tant ses thèmes sont complexes et universels. Situé Nous au Maroc, l’histoire suit la huitième fille d'un couple dont le père décide de l'élever comme le fils héritier qu'il n'a jamais eu. Le livre retrace la naissance, la vie puis la mort de cette fille que l'on nomme Ahmed et que l'on fait passer pour un garçon. C'est le récit, bouleversant, parfois douloureux, d'une enfant dont on vole le sexe et l'identité, enfant de sable happé par ce mensonge familial et social. Naître fille est une calamité nous dit l’auteur. Ce livre est aussi une analyse de la société marocaine traditionnelle et de son rapport à la sexualité. Conte philosophique plein de rebondissements, L'Enfant de sable est la vertigineuse histoire d'une femme dépassée par sa construction identitaire, par la question du rapport au corps, et par celle de l'essence féminine et masculine. Aux prises avec le masque dont est recouvert chaque individu dans un monde traditionnel, Ahmed donne, enfin, magnifiquement corps aux espoirs de la jeunesse.

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Femme nue, femme noire, L’ode à l’Afrique de Senghor

  • March 20, 2019

 

Au lendemain de la Seconde guerre mondiale, l'homme de lettres et futur président sénégalais Léopold Sédar Senghor rend hommage à l'Afrique, à sa culture et à ses femmes à travers le texte "Femme Noire", issu du recueil intitulé "Chant d'ombre". Avec Aimé Césaire et Léon Gontran Damas, il sera le chantre d'un mouvement militant, appelé la Négritude, qui revendique la liberté culturelle et politique des civilisations et peuples de race noire.. Ce terme est forgé à l’origine contre une francité (caractère de ce qui est français) associée au colonialisme et à l’oppression mais deviendra avec la création de la revue « Présence Africaine » en 1947 à Dakar et a Paris le concept étendard derrière lequel vont se rassembler des générations d’auteurs d’origine africaine.

« Vêtue de ta couleur qui est vie »

« La Négritude est la simple reconnaissance du fait d'être Noir, et l'acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture ». Ainsi s’exclamait fier et revendicateur Senghor quand on lui demandait des précisions sur ce mot qui aujourd’hui encore est mal compris parce que mal perçu. Adoubé « prince des Poètes » en 1978, celui qui sera élu à l’Académie française en 1983 aura connu « seize années d’errance » selon ses propres dires, à son arrivée à Paris en 1928. A l’exclusion et aux quolibets sur sa couleur de peau, le terme de « négritude » se brandira, se dressera pour mieux rejeter l’assimilation culturelle et dénier la caricature « banania » du Noir paisible et simplet. Son comparse Aimé Césaire l’emploiera dans son fameux Cahier d'un retour au pays natal en 1939 et le concept se répandra jusqu’à être approfondi par Senghor lui-même dans ses Chants d’Ombre quand il opposera poétiquement « la raison hellène » à l'« émotion noire » avec ces mots superbes : « Nuit qui me délivre des raisons des salons des sophismes,

des pirouettes des prétextes, des haines calculées des carnages humanisés

Nuit qui fond toutes mes contradictions, toutes contradictions dans l'unité première de ta négritude ». Le poème « Femme Noire » s’inscrit dans cette verve, dans cette pulsation, ancrée, profonde qui s’avère être autant une ode à la femme africaine qu’un hymne à la terre nourricière des Ancêtres.

Femme nue, femme noire

Le griot Senghor psalmodie un blason féminin et terrien qu’on imagine s’enflammer au fur et à mesure de la récitation, même si l’auteur le déclame avec douceur dans un enregistrement audible sur YouTube. Uniques et multiples, toutes les femmes noires représentées n’ont pas d’articles définis ou indéfinis, encore moins de possessifs. C’est donc une généralisation qui a une visée universelle et atemporelle. La construction est simple et directe dans cet éloge adressé à la Femme. Pas de « Ô » vocatif superflu, de lyrisme « hellène »... La prière du griot est fervente car la poésie est incantatoire au gré des nombreuses anaphores scandées. La femme noire est l’Afrique : « nue, belle, obscure, mystérieuse ».

 

Je te découvre, Terre Promise

Dans une interview Senghor le confirme, même exilé en Europe ou en Amérique, ses thèmes d’inspiration sont « la terre africaine, le lignage, les morts, la vie des paysans, les contes, les légendes » et ce poème en est la sublimation. Pour Senghor, la mémoire et l’écriture permettent de fixer l’existence et la beauté dans l’éternité. Celui de la femme, bien sûr, mais qui ne fait qu’une avec la terre des Ancêtres. Le « haut col calciné » qui apparaît comme une « Terre promise » s’apparenterait-il aux « Mamelles », ces deux collines volcaniques situées sur la presqu’île du Cap Vert à Ouakam au Sénégal?

 

Délices des jeux de l'Esprit

Le poète se souvient, décrit, appelle, touche et passe du songe aux hauteurs qui surplombent le pays pour ne faire qu’un avec la femme qui n’est autre que l’allégorie de l’Afrique. Il est pleinement enfanté par ce pays. C’est un véritable appel aux sens qui se commue en invocation à la fois charnelle et sacrée, en un tourbillon de métaphores et de sensations presque tangibles à travers les mots. « Femme noire » est une synesthésie au sens étymologique : « union » et « sensation ». Presque tous les sens sont sollicités pour ressentir la beauté de la femme noire : la vue, le goût : « sombres extases du vin noir », le toucher : « caresses ferventes du Vent d'Est », l’ouïe « tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur / Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée ».

 

Encadre Francophonie + Sauvés par la Poésie

En 1962, Senghor est l'auteur de l'article fondateur « le français, langue de culture » dont est extraite la célèbre définition : « La Francophonie, c'est cet Humanisme intégral, qui se tisse autour de la terre ». Jusqu’au mercredi 27 mars 2019, le concours d’invention poétique s’adresse à toutes les imaginations francophones qui aiment s’exprimer en vers ou en prose !

 

Femme noire

 

Femme nue, femme noire

Vétue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté

J'ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux

Et voilà qu'au cœur de l'Eté et de Midi,

Je te découvre, Terre promise, du haut d'un haut col calciné

Et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l'éclair d'un aigle

 

Femme nue, femme obscure

Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases du vin noir, bouche qui fais lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent d'Est

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur

Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l'Aimée

 

Femme noire, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de l'athlète, aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

 

Délices des jeux de l'Esprit, les reflets de l'or ronge ta peau qui se moire

 

A l'ombre de ta chevelure, s'éclaire mon angoisse aux soleils prochains de tes yeux.

 

Femme nue, femme noire

Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l'Eternel

Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie.

 

Léopold Sédar Senghor, Chants d'ombre

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Un petit coin de France dans les startups hongkongaises

  • March 20, 2019

Dans la course des “startup nations”, chacun veut attirer les talents. Hong Kong présente un écosystème favorable où poussent quelques dizaines de jeunes pousses françaises.

Partout dans le monde, il existe des poches d’innovations. Chacune d’elles cherche à se hisser au niveau du modèle suprême: la baie de San Francisco. Ainsi, aux quatre coins de la planète fleurissent ici une “Silicon valley” locales, comme jadis l’industrie touristique mettait en avant des “Venise du Nord” ou “de l’Est”. Hong Kong entend prendre sa part dans la course à l’innovation en Asie.

La ville n’est pas encore la Californie de l’extrême Orient. Les atouts existent cependant pour faire sa place sur la scène mondiale. Cela se traduit dans les chiffres. Plus de 2800 startups sont implantées à Hong Kong. Elles poussent à toute vitesse (+18% en 2018), mais peuvent mourir aussi soudainement. C’est le cas d'une majorité d’entre elles. C’est arrivé, par exemple, à Gobee.Bike, fondée par un Français, Raphaël Cohen. Le service de location de vélos en libre service a explosé quelques mois après sa mise en service en mai 2017, avant de mettre la clé sous la porte à l’été 2018.

Les succès peuvent être durables et la grandeur infinie. La limite, c’est le ciel, répètent les ambitieux, friands de formules de la sorte. Une des mesures pour déterminer le poids d’un écosystème réside dans le nombre de “licornes”, surnom donné aux entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars américains. Hong Kong en compte sept: Gogovan, Lalamove, Bitmex, Klook, Sensetime, Tink Labs et WeLab.

La France en dénombre quatre: Blablacar, une plateforme d’auto-partage, Vente-privée, un site de vente en ligne, Critéo, une plateforme publicitaire et OVH, un hébergeur. Le pays compte près de 10 000 startups, pour deux tiers en région parisienne. C’est dans la capitale que se trouve la Station F. Lancé par le patron Xavier Niel, fondateur et PDG de Free, un fournisseur d’accès à Internet, ce lieu de 34 000 m² se dit le “plus grand campus de startup du monde”. Les autres villes essaient aussi de tirer leur épingle du jeu, avec un label French Tech distribué à douze métropoles de province et une vingtaine de “hubs” à l’étranger.

 

Des fintechs françaises

Face aux opportunités dans la Perle de l’Orient, quelques Français tentent leur chance. Ils sont quelques dizaines, une quarantaine sans doute. “Par rapport à la Silicon valley ou à Londres, les gens ne viennent pas ici pour monter une start up”, explique Romain Aubert, ”ils sont déjà là et quittent leur travail pour monter leur entreprise.” Romain Aubert coordonne la French Tech à Hong Kong et Shenzhen. Souvent, donc, “le profil est plutôt business et financier”, précise Romain Aubert. Alors les fintechs sont bien représentées parmi les Français à Hong Kong. Mais ce secteur est loin d’être le seul investi par les startups. Il est même possible de s’attaquer à d’autres secteurs lorsqu’on démissionne pour fonder son entreprise. Saketaram Soussilane a quitté la finance après que ses enfants ont présenté des problèmes respiratoires. Il voulait se saisir de la question de la pollution. Il a alors lancé son entreprise qui propose une mesure fine et en temps réel de la qualité de l’air.

Hong Kong présente quelques avantages. Le premier est financier. Certes, Singapour compte six fois plus de fonds de capital risque que Hong Kong, où les gros investisseurs chérissent encore l’immobilier et l’économie traditionnelle. “Mais, ici, c’est de ‘l’argent éduqué’ (smart money en anglais), c’est-à-dire qui comprend bien l’investissement de capital risque dans les startups”, précise Romain Aubert.

 

Ville ultra connectée

Deuxième avantage: les infrastructures. En 2016, Hong Kong a été sacré ville la plus connectée du monde par le cabinet GfK. Ses habitants sont friands d'écrans en tous genres. Les centres de Chai Wan et Tseung Kwan O continuent de développer leur accueil de câbles sous-marins en fibre optique, le prochain devant relier la région à Los Angeles.

Outre les infrastructures, la connectivité de Hong Kong s’apprécie aussi par la liberté de surfer sur internet. Ici, point d’entrave, contrairement à la Chine continentale. Ce détail n’est pas neutre lorsqu’il s’agit de travailler en grande partie via la Toile ou de penser une stratégie marketing. Ne pas avoir accès à Facebook sans VPN par exemple peut être pénalisant pour la commercialisation.

Pendant longtemps, Hong Kong a été considéré comme la porte d’entrée du marché chinois. Mais depuis vingt ans, l’empire a ouvert portes et fenêtres. Pour toucher ses consommateurs, une start up s’installera davantage à Pékin que sur la côte méridionale. Le “port parfumé” reste toutefois un point d’entrée et de sortie, pour les capitaux et le commerce, vers la Chine et l’Asie. Les échanges ne cessent jamais. Et la France y prend sa part.

 

La culture française de l’entreprise

Un soir de janvier, Mathieu Toulemonde fait défiler son Powerpoint dans les locaux d'une entreprise au coeur de Sai Yin Pun. Le jeune homme a été invité par FrenchFounders, un réseau mondial de dirigeants francophones d’entreprises. Au menu de sa présentation: l’open innovation. Mathieu Toulemonde pilote Agorize en Asie. Son entreprise met en relation de gros clients et de jeunes innovateurs. Il est alors au coeur de la rencontre entre la culture tricolore et la culture locale, mais aussi entre la culture de grands groupes et de petites startups.

“La culture de travail française est beaucoup mieux considérée”, souligne-t-il. Quand les Américains pressent leurs salariés “comme des citrons”, “nous proposons une innovation créative, une ambiance plus chill et plus de transparence”, note encore Mathieu Toulemonde. Cet atout n’est pas négligeable lorsqu’une startup française veut attirer des talents.

Les grandes entreprises françaises viennent aussi recruter de jeunes virtuoses dans leur domaine. Elles cherchent du savoir-faire, des idées innovantes correspondant aux usages asiatiques et un moyen de se différencier dans leur communication. Elles les trouveront soit dans les universités, soit dans les jeunes pousses. Ainsi se créent les ponts entre les innovations et l’économie traditionnelle et entre la France et Hong Kong.

 

Un article en partenariat avec Le Petit Journal Hong Kong 

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Van Gogh, La Nuit Étoilée comme vous ne l’avez jamais vue

  • March 20, 2019

De passage à Paris, courrez découvrir l’exposition « Van Gogh, la nuit étoilée » à l’Atelier des Lumières. Une aventure immersive et sensorielle inédite dans un bâtiment industriel du 19eme siècle à voir jusqu’au 31 décembre 2019 seul ou en famille.

« Comme de longs échos qui de loin se confondent (…)/ Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Les mots écrits par Charles Baudelaire dans Les Fleurs du Mal (1861) ont peut-être inspiré la fondation Culturespaces à l’origine de L’Atelier des Lumières, un établissement culturel  innovant où musique et arts visuels se mêlent par le biais des technologies numériques.

L’aventure de l’Atelier des Lumières

Installé dans une ancienne fonderie du XIXème siècle, l’Atelier des Lumières est le premier centre d’art numérique à Paris. En bousculant les codes traditionnels d’une exposition, cet établissement ouvert en avril dernier s’est rapidement imposé sur la scène culturelle parisienne, attirant plus d’un million de visiteurs pour sa  toute première exposition consacrée au peintre autrichien Gustav Klimt.

 Ici, le public ne déambule pas au milieu des tableaux. L’inverse se produit. Grâce à la technologie AMIEX ®, les œuvres  se meuvent en musique sur les 33 000m2 de murs et du sol de la Halle. Ainsi le visiteur sort donc d’une posture de réception classique d’une oeuvre. Il l’intègre lui-même et vit une expérience sensorielle et émotionnelle à mi-chemin entre l’exposition et le spectacle.

Plonger dans la vie intérieure de Van Gogh

La prochaine exposition « Van Gogh la nuit étoilée » explore le monde intérieur riche et expressif du peintre hollandais, sa puissance émotionnelle révélée par ses coups de brosses et sa vaste palette de couleurs.

Bien que l’exposition retrace les étapes de la vie du peintre, la chronologie n’est pas le propos. Elle explore au grès d’un parcours visuel et sonore le dialogue intérieur permanent de l’artiste entre l’ombre et la lumières, les teintes chaudes et les accents sombres.

Le visiteur assistera également à deux autres créations. La première, consacrée à l’art japonais et au japonisme de la seconde moitié du 19eme  siècle, dévoile un Japon rêvé et imaginé par les européens à la lueur des récits et estampes qui circulaient alors dans le continent. Un imaginaire qui influencera de nombreux artistes, dont Van Gogh qui écrit à son frère Théo depuis la Provence, « à la lumière du sud tout est devenu japonais ».  La seconde création intitulée Verse est un voyage au travers les images du cosmos de Thomas Vanz. Elle est accompagnée par la musique du violoniste Jonathan Fitas et retrace les interrogations millénaires de la place de l’homme dans l’immensité de l’univers.

 

Vers une transformation du monde de  l’art ?

Quels secrets Klimt ou Van Gogh ont-ils encore à dévoiler en 2019 ? En consacrant ses premières expositions à des géants de l’art pictural, l’Atelier des Lumières rend d’autant plus éclatante sa singularité. L’établissement vient prouver qu’il est encore possible de poser un regard nouveau sur des œuvres pourtant déjà maintes fois exploitées, et peut-être même y déceler des facettes jusque-là insoupçonnées.

En introduisant le numérique dans le monde de l’art, l’Atelier des Lumières ouvre de nouvelles perspectives : il  porte à la fois un nouvel éclairage sur des toiles connues tout et les révèle à ceux qui ne les connaissent pas encore ! Mieux encore, il capte aussi l’attention du jeune public  dont l’usage des nouvelles technologies est partie intégrante de leur quotidien.  

L’approche ludique de l’art pictural intrigue autant qu’elle attire. Elle devient un point de départ pour appréhender une œuvre, et peut-être plus largement l’histoire de l’art. Cet espace ne s’imagine pas le futur des musées classiques. Il se place dans une logique de complémentarité. La fondation cherche à diversifier, plutôt qu’à remplacer l'offre culturelle actuelle. Grâce aux nouvelles technologies, elle cherche à rendre accessible au plus grand nombre un patrimoine culturel parfois trop fragile pour être transporté.  

A noter que l’Atelier des Lumières a depuis  novembre 2018 son pendant coréen, le Bunker des Lumières sur l’île de Jeju en Corée du Sud. L’exposition immersive, dédiée à l’univers de Klimt s’y déroule jusqu’en octobre 2019. 

Van Gogh, La Nuit Étoilée
Du 22 février au 31 décembre 2019
À l’Atelier des Lumières, Paris

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Quand l’Art Déco séduit le monde

  • March 20, 2019

Dans une exposition intitulée « Art Deco, the France-China connection », la galerie de City U retrace l’histoire de ce mouvement artistique né dans l’immédiat après-guerre en France et qui séduira le monde entier dans les années 30. Isabelle Frank et Emmanuel Bréon co-commissaires de l’exposition se penchent sur les sources de cet art et ses influences croisées avec la Chine.

L’art déco prend naissance en France et doit son nom à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels qui se tint à Paris en 1925. Il nait sur les décombres de la première guerre mondiale, dans un monde en pleine mutation industrielle et technologique. Interdisciplinaire,  l’Art Déco  marquera de son empreinte l’architecture, la peinture, le design et la mode des années folles.  

Aux lignes sinueuses, courbes et chargées de l’Art Nouveau (1890-1910), l’Art Déco substitue des formes simplifiées. Il prône des lignes droites et pures dans la lignée de la modernité et du cubisme de l'entre-deux-guerres et en référence au monde de la voiture et de l’aviation. Et même quand l’élément floral tant estimé par l’art nouveau perdure, il est schématisé, voir épuré.  

L’esprit des années folles

L’Art Déco, c’est la fête et l’insouciance de l’entre-deux-guerres. Une époque « moderne, luxuriante, confortable et glamour » qui élève au rang de star, la chanteuse et danseuse américaine Joséphine Baker, reine de la nuit parisienne. 

Dans cette IIIème République qui clame la modernité, le progressisme et la laïcité, la Femme joue un grand rôle. Elle travaille, conduit, fume et se maquille. Elle est dans tous les métiers qui étaient réservés aux hommes. La mode féminine adopte désormais le carré court et la frange. Les jupes et robes se rétrécissent.

C’est peut-être la peintre et portraitiste Tamara de Lempicka qui incarne le mieux la femme moderne. Aux côtés de ses amies, elle milite pour le droit de vote des femmes.  Le créateur Robert Mallet-Stevens lui construit un atelier moderniste. Aux actualités Pathé, elle est présentée comme « une femme moderne dans un intérieur moderne ».

L’apogée de l’Art Déco

Accueillant l’exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industrielles en 1925, la France victorieuse de la grande guerre veut marquer les esprits et imposer sa puissance.  « Soyez innovants et créatifs ! », tel est en substance le mot d’ordre soufflé aux architectes, peintres, sculpteurs et artisans d’art convoqués pour l’occasion. Le résultat est à la hauteur des ambitions. L’évènement marquera le triomphe des créateurs français parmi lesquels Jacques-Emile Ruhlmann, Jules Leleu et Pierre Patou. L’Art déco séduit désormais le monde entier. Dans cette expansion, les transatlantiques à la gloire du mouvement joueront aussi un rôle capital. Véritable ambassade flottante, Le Normandie accueillera des milliers de visiteurs à chaque escale.

L’Art déco est désormais acclamé internationalement. Le ministre américain Herbert Hoover invite les créateurs français pour une exposition itinérante de plus de quatre cent œuvres. Rio de Janeiro lui commande la statue du Christ Rédempteur, New York l’Empire State Building, le Rockefeller Centre et le Chrysler Building.

L’Asie n’est pas en reste. Au Japon, le Prince Asaka fait décorer son palais  par Henri Rapin. L’Art Déco accostera aussi sur les côtes de la Chine et Shanghai en sera la capitale.

L’Art Déco et la Chine

Les relations entre la Chine et l’Art Déco sont plus complexes et c’est sans doute toute la pertinence des deux commissaires de s’y pencher.

La diffusion de l’Art Déco en Chine doit beaucoup à Sun Yat Sen, premier président élu de la République Populaire de chinoise en 1912 et qui fut pendant ses seize années de formation et d’exil, très souvent en contact avec la culture occidentale. A son décès, les diplomates chinois commandent une statue du défunt au sculpteur Landowski qui deviendra célèbre avec le Christ de Corcovado à Rio de Janeiro. En marbre de quatre mètres de haut et figurant Sun Yat Sen assis, le monument est aujourd’hui un des plus célèbres de Chine et reçoit chaque année plusieurs milliers de visiteurs.   

Mais c’est aussi les inspirations artistiques et exotiques de l’époque que se penche l’exposition. En matière de mobilier, les tables basses de Jules Leleu ou Ruhlmann absentes de l’environnement habituel des intérieurs français sont inspirés des anciennes dynasties chinoises. L’incrustation de nacre ou d’ivoire dans les meubles de prestiges et la technique de la laque devient un véritable marqueur du style Art Déco. La soie est à la mode et s’importe à partir du port de Hong Kong.

L’Art Déco s’arrêtera brutalement avec la fin de la IIIème République et la défaite de 1940. Quand il faudra reconstruire la France en 1945, les architectes tourneront le dos à l’Art Déco qui rappelle trop de mauvais souvenirs. Nait alors une architecture plus moderniste et radicale comme celle de Le Corbusier et le Bahaus. Oublié et déconsidéré jusque dans les années 60, l’Art Déco jouit aujourd’hui d’une image raffinée et luxueuse qui séduit les collectionneurs.

 

Art Deco, the France-China connection 

Du 6 mars au 30 juin

CityU Exhibition Gallery

Entrée libre

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Coup de théâtre à Hong Kong

  • March 20, 2019

Le Festival de théâtre français à Hong Kong revient pour sa 4e édition, du 26 au 29 mars prochain, au Sheung Wan Civic Center. Cinq troupes françaises viendront bénévolement brûler les planches hongkongaises, au profit de l’association Pour un sourire d’enfant.

 

A l’origine du projet, deux expatriés férus de théâtre, Sébastien et Béatrice Biessy. Installé à Hong Kong depuis seulement six mois, le couple décide de dynamiser l’offre culturelle hongkongaise en matière de théâtre français en portant sur scène Le Malade Imaginaire. L’essai s’avère concluant, et ils décident de monter un festival l’année suivante. Le succès de de la première édition en mars 2016 est immédiat.

 

Une vocation humanitaire

 

Même si l’amour de la scène tient une place importante dans la genèse du festival, le cœur du projet est avant tout un engagement pour l’association Pour un Sourire d’Enfant (PSE), basée au Cambodge depuis plus de 20 ans. Depuis sa création, le festival reverse l’intégralité de ses  recettes à l’association,  soit plus de 160 000 USD remis depuis la première édition. Un engagement partagé par les comédiens qui tiennent l’affiche gratuitement et les familles qui les logent bénévolement. En coulisses, le festival existe donc grâce à la solidarité de la communauté française, le travail inestimable conduit par quatre organisateurs et près de cent cinquante bénévoles. Le festival doit aussi à la contribution de généreux donateurs et partenaires dont le Consulat de France et l’Alliance Française.

 

La fierté des organisateurs est d’avoir soutenu grâce aux fonds récoltés plus de 7 000 enfants depuis la création du festival. Les fonds versés auront servis à les sortir d’une condition de pauvreté, de bénéficier d’une scolarité et d’apprendre un métier. Le public garde le souvenir de la présence avant le premier levé rideau en 2018, de Leakhéna des Pallières, fille adoptive de Christian et Marie-France des Pallières, fondateurs de Pour un Sourire d’Enfant dont le témoignage avait suscité beaucoup d’émotions.

 

Le meilleur du festival Off d’Avignon à Hong Kong

 

Le choix de la programmation est crucial pour la réussite du festival. Les organisateurs arpentent chaque été le Festival Off d’Avignon à la recherche des pièces idéales qu’ils souhaitent éclectiques, présentant des textes classiques et contemporains pour toucher le plus grand nombre.

 

Le succès du festival et l’accueil généreux reçu par les comédiens ont contribué à populariser le festival au sein du milieu artistique français. Les organisateurs se voient désormais sollicités par des troupes de théâtre dont celle d’Alexis Michalik, deux fois récompensée à la cérémonie des Molières pour la pièce Le Porteur d’histoire jouée pour la première fois à Hong Kong cette année.

 

Une attention particulière au jeune public et international

 

Les organisateurs ont la volonté de toucher un public large et varié. Outre le sous-titrage en anglais des pièces jouées sur la scène du Sheung Wan Civic Centre, le festival organise des représentations pour des écoles accompagnées avec à la clef des projets interdisciplinaires à visée pédagogique, comme des rencontres entre les acteurs et des élèves du Lycée Français et de l’Alliance Française. Une expérience atypique et inoubliable, à l’instar de la représentation du Médecin malgré lui  devant 300 élèves issus de 10 écoles différentes et de 30 nationalités différentes en 2016. Et pour pimenter le festival, un jury de lycéens et un jury de professionnels composé de personnalités hongkongaises et françaises élisent la meilleure pièce du festival.

 

PROGRAMME

 

26 mars, 20h. Est-ce que j’ai une gueule d’Arletty ? de Eric Bu et Elodie Menant

Pourquoi écrire sur Arletty ? Parce qu’elle est fascinante de mystère. Son humour fin, sa répartie singulière, sa beauté, sa froideur, intriguent. Un spectacle musical de haut vol.

 

27 mars, 20h. Le porteur d’histoire d’Alexis Michalik

 Par une nuit pluvieuse, au fin fond des Ardennes, Martin doit enterrer son père. Il est loin d'imaginer que la découverte d'un carnet manuscrit va le mener dans une quête vertigineuse à travers l'histoire et les continents. Quinze ans plus tard, au cœur du désert algérien une mère et sa fille disparaissent mystérieusement…

 

28 mars, 20h. Signé Dumas de Cyril Gély et Eric Rouquette

En 1848, Alexandre Dumas est à son apogée. Il travaille avec son fidèle collaborateur, Auguste Maquet.

Pourtant, quand éclate une querelle entre les deux hommes, une question cruciale se pose : quelle est la part exacte de l'un et de l'autre dans cette réussite ? Lequel des deux est le véritable père des Trois Mousquetaires et de Monte-Cristo ?

 

29 mars,20h. La cantatrice chauve d’Eugène Ionesco

Nous sommes à Londres dans le salon très anglais de M. et de Mme Smith.
Il est neuf heures du soir ou n'importe quelle heure. Le couple nous mène à l'absurde.

Une autopsie de la société contemporaine par le truchement de propos ridicules de banalité que tiennent deux couples.

 

Hors concours

30 mars, 17h. Bulle d’Art, Aberdeen. Tu seras un homme papa, de Gael Leiblang

Une histoire vraie. C'est autour de la couveuse de Roman, né prématurément, que va se tisser ce récit bouleversant d'une famille mise à l'épreuve 13 jours durant. 

 

 

Hong Kong French Theater Festival

Sheung Wan Civic Centre

26-29 mars, 2019

Détails et réservation : https://www.thkftf.com/

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Le Mois de la Francophonie

  • March 20, 2019

Mars en Folie
Avec « Mars en Folie », c’est la scène musicale francophone qui s’invite en Asie. Quatre groupes, quatre nationalités, quatre identités musicales différentes avec un point commun : le français.  Que ce soit à travers les accents rock de Cherry Chérie (Canada) et Stevans (Suisse), dans l’electro-pop de Suzane (France) ou encore via le rap teinté de mélodies africaines de Témé Tan (Belgique), chacun fait résonner la langue française à sa manière. En effet, cette nouvelle génération ré-affirme le rapport au texte si particulier à l’héritage musical francophone.
Retrouvez ces quatre artistes et groupes à Hong Kong,  sur la scène du MoM Live House, le 16 mars prochain.

16 mars 2019
MoM Live House
Détails et réservations sur : afhongkong.org

 

Mini-Festival du Film Francophone
Du 13 au 27 mars, les consulats belge, canadien, français et suisse s’unissent à l’Alliance Française pour proposer aux amoureux de la francophonie un programme original de cinéma en langue française. Chaque pays vous propose un film de son choix. Côté français, le public aura la chance de rencontrer  le réalisateur  Hubert Charuel  à l’issue de la projection de son film Le Petit Paysan les 22 mars. Sorti sur les écrans en 2017 le film revient sur l’épidémie de la vache folle et ses incidences pour les éleveurs de vache laitière. Le film a reçu le succès du public et obtenu le César du meilleur acteur pour Swann Arlaud. C’est une rencontre exceptionnelle avec Jean Troillet que la Suisse proposera le 19 mars sur la scène du Fringe Club. Le célèbre aventurier et himalayiste viendra présenter le documentaire que le réalisateur Sébastien Devrient lui en consacré en 2016.

Mini-festival du film francophone
13-27 mars 2019

 

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TRAVAUX A L’ALLIANCE FRANÇAISE

  • March 20, 2019

Des salles de cours plus claires et fonctionnelles,  le centre de Jordan de l’Alliance Française reprend des couleurs 

L’Alliance française s’est engagée dans un vaste projet de rénovation de son centre de cours situé à Jordan. Un défi ambitieux pour répondre aux évolutions du public et de l’enseignement.  Une première phase a concerné les salles de cours. Explications.  

Créée en 1953, l’Alliance Française de Hong Kong  a grandi au même rythme que la cité : de 50 étudiants à sa première session, elle accueille désormais jusqu’à  7 000 étudiants différents par an. L’enseignement du français est désormais dispensé à Wanchai, Shatin et Jordan.

Le centre de Jordan situé dans le quartier le plus populaire et traditionnel de Kowloon est le plus vaste. Plus de 1 500 étudiants y sont accueillis par semaine. Il est aussi  le seul centre doté d’une médiathèque où se tiennent toute l’année des activités culturelles (ciné-club, rencontres d’auteurs, ateliers de cuisine).

Inauguré en 1975, le centre de Jordan a connu plusieurs rénovations. Les plus récentes sont celles  de la médiathèque et de l’accueil en 2013. Les salles de cours méritaient aussi une remise à neuf pour tenir compte de l’évolution des publics et de l’enseignement. 

Eclairage, circulation, salles dédiées aux très jeunes enfants et leurs accompagnateurs (helpers, familles…), c’est à une rénovation complète à laquelle s’est livré le cabinet d’architecture d’intérieur In Situ & Partners diligenté par l’Alliance Française. 

Rénovés dans un temps record de trois semaines, les salles de cours sont désormais opérantes pour le grand bonheur des élèves et des enseignants. Cette première phase de travaux se poursuivra jusqu’à la fin de l’année avec notamment la rénovation de la façade.  L’ambition de l’Alliance française est aussi de reconnecter le bâtiment à la ville. Toutes les salles ont désormais une vue vers l’extérieur. « Faire entrer la ville dans le centre puis intégrer le centre à la ville » est le leitmotiv qui guide l’action des architectes.

 

3 questions à Yacine Bensalem, CEO d’In Situ & Partners

Paroles : Yacine, vous êtes un architecte installé à Hong Kong depuis plus de 10 ans. Quels sont les éléments qui vous ont intéressés dans le projet de l’AF ?

YB Tout d’abord, cela a été un honneur que de se voir confier ce projet par un centre culturel renommé et présent à Hong Kong depuis plus de 65 ans. Les salles des cours se devaient d’être effectivement rénovées. Pour répondre aux attentes de l’Alliance Française, nous avons choisi de nous inscrire dans la modernité, dans une transparence de verre et une contemporanéité. Nous avons revu l’ergonomie et les rangements pour le matériel, les toilettes pour petits, la modularité de salles et la clarté, par exemple. Mais il ne s’agit que de la première phase de travaux qui vont s’étaler sur l’année.

Paroles : Quels ont été les choix de design et de matériaux, et pourquoi ?

YB Nous avons sollicité des entreprises françaises à la pointe de leur domaine comme Clestra  Hauserman pour les partitions de verre qui apportent une isolation acoustique complète tout en permettant une ouverture et une connexion avec l’ensemble. Et des produits protecteurs de l’environnement comme les sols en Linoleum à base végétale, les luminaires à faible consommation, les colles naturelles, etc…

On s’est attachés à donner une image contemporaine, joyeuse et ludique. La culture, à travers ces choix, se veut accessible et non prétentieuse. On sort ainsi du trop sérieux tout en restant sur des choix élégants. On dédramatise la culture via des combinaisons pourtant complexes.

Paroles : Vous avez souvent développé des projets dans le monde du retail. Qu’est-ce qui singularise un projet éducatif comme celui de l’AF ?

YB : La première des choses est la perspective. L’Alliance Française s’inscrit dans la durée. Les travaux sont là pour durer au moins 10 à 15 ans. Nous sommes là aussi pour permettre une utilisation optimale, pratique, quotidienne et non flatter des consommateurs, même si la vocation est aussi d’accueillir une audience, un public. Le confort de travail et la fonctionnalité passent ici au premier plan. On tente de donner le goût et de mettre en valeur une culture extraordinaire

In Situ & Partners est un atelier pluridisciplinaire d’architecture d’intérieur fondé par Yacine Bensalem en 2011. Il mène de nombreux projets sur l’ensemble de la région Asie-Pacifique où il a acquis une très forte réputation, mais aussi au Moyen-Orient et en Europe. http://www.insituandpartners.com/

 

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