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Nicholas, sauvé par la poésie

Un jeune Hongkongais, étudiant de l’Alliance Française de Hong Kong, a bluffé le jury de la troisième édition du concours « Sauvés par la poésie » proposé par le magazine Sauvés par le Kong. Son poème Les Passants a gagné le prix de l’Alliance Française destiné aux locuteurs non-francophones. Nicholas Leung a un parcours surprenant. Il s’est lancé dans l’écriture sur les conseils de son professeur Neil. Après avoir étudié trois ans en France à HEC, avec un français « pas très bon » nous dit-il, il a suivi quelques stages. « Même si je ne parlais pas beaucoup français, je l’entendais beaucoup dans les entreprises ». Est-ce suffisant pour écrire aussi bien? Pour Nicholas Leung, cet exercice était un peu une manière de tourner la page. « Je suis revenu cette année à Hong Kong, ce changement était difficile au début. Dans mon poème, je me suis inspiré de beaucoup de monde que j’avais vu dans les métros. Je pense que l'écriture de ce poème m’a donné la force de réfléchir autrement, de penser le présent et pas seulement le passé. »

C’était des trajets pleins d’émotions
Les gens venaient de tous les horizons
C’était comme une grande famille
Avec Señor De Aquino à l’Hôtel de Ville
C’était un plaisir de le voir tous les matins
Lorsque j’empruntais ce long chemin
Dans la chanson Hasta Siempre Che Guevara
Il exprimait ses souvenirs profonds de Cuba
Avec un tel respect pour le commandant chéri
Beaucoup de choses me traversaient encore l’esprit
Je commençais à ressentir le passé
J’étais ramené à ma jeunesse éloignée
C’était des années pleines d’histoires folles
À Charing Cross sur le chemin de l’école
Dans le métro, huit ans auparavant
Yoko-san était toujours plein d’élan
Chantant en japonais avec sa guitare
Elle guérissait mon blues du dimanche soir
Comme un rayon de soleil ardent
Elle qui disait ne pas abandonner facilement
Me donnait le courage de suivre mes projets
Avec passion, comme elle-même le faisait
Sa voix touchait mon cœur dans la nuit
Elle l’avait capturé, j’étais sans cœur depuis
Entre Paris et Londres durant ces années
Ce jeune cœur ne fût pas oublié
Il scintille encore tel un diamant noir
Perdu dans de beaux étuis de guitare
J’ai décidé de ne pas le ramasser
Cet homme appartient désormais au passé