You are here

La cuisine française à Hong Kong, un succès qui n’en démord pas !

Epiceries, boulangeries, pâtisseries, caves à vin, la gastronomie française est devenue incontournable à Hong Kong. Nul ne s’étonne aujourd’hui d’y trouver aussi facilement une fougasse de Provence, un crottin de Chavignol ou un vin nature du Languedoc. Un succès non seulement pour les produits français mais aussi pour sa gastronomie. En témoigne l’ouverture du restaurant Ecriture au sommet de la nouvelle tour H Queens à Central en mars dernier.  Quelles sont les clés de ce succès ?

Depuis dix ans, Business France, en partenariat avec Le French May et le Consulat de France, organise Le French Gourmay. Sa vocation est la promotion de la richesse et la diversité de la gastronomie française. Ce rendez-vous annuel célèbre aujourd’hui son dixième anniversaire et mobilise désormais toute une profession. L’édition 2018 entraîne dans son mouvement plus de 200 partenaires dont plus d’une centaine de restaurants français et asiatiques, et plus d’une cinquantaine d’importateurs ainsi que des distributeurs de produits français. Selon Mélanie Gaudin, directrice de Business France, le succès du French Gourmay n’est pas une coïncidence : « Il trouve ses racines dans le rôle majeur joué par la gastronomie française et le vin français à Hong Kong ».


© LeFrenchGourmay

La France, premier fournisseur de vin de Hong Kong
Hong Kong ne produit pas de vins. Elle importe la totalité de ce qu’elle consomme. Avec 35% de part de marché en volume des vins importés et 63% en valeur, le vin français tient la place de tête. Pas moins d’une bouteille de vin sur trois bues à Hong Kong est un vin français. Un titre de premier fournisseur sur le marché de Hong Kong qui enregistrait encore 12% de croissance en 2016.  Bien que les dernières études révèlent que les vins provenant de Bourgogne, des Côtes du Rhône, de Loire ou de Provence sont en développement croissant, les grands crus bordelais tirent toujours la part belle avec 80% de part de marché des vins français.

Plusieurs raisons expliquent ce succès. L’exceptionnelle densité de grandes richesses de Hong Kong n’est évidemment pas étrangère au phénomène. La ville qui dénombre 55 milliardaires pour à peine 7,2 millions d’habitants (classement Forbes 2017) abrite les plus belles caves du monde et occupe la première place mondiale de vente aux enchères de vin.

Mais au-delà du pouvoir d’achat plus élevé qu’ailleurs, il y a aussi une culture et un amour du vin enracinés dans la culture locale. « L’offre en vins à Hong Kong est unique. Presque n’importe quel restaurant propose une carte des vins, et la consommation à table est loin d’être occasionnelle, les Hongkongais sont les plus gros consommateurs de vins en Asie, avec 4,9l par an et par habitant » souligne Antoine Meunier, conseiller export chez Business France. Une expertise en vin qui ne cesse de croître. En témoigne, le titre prestigieux de « Master of Wine » obtenu par trois Hongkongais.
Le statut de port franc de Hong Kong explique aussi en grande partie ce succès. L’abolition des droits de douane sur les vins et alcools de moins de 30% en 2008 a fait exploser les importations. Depuis cette date, il n’y a à Hong Kong ni licence relative à l’importation de vins, ni de distribution.L’exportateur traite directement avec son agent ou son distributeur.

Une baisse des droits d’importation pour laquelle avait longtemps milité Vinexpo, le salon international du vin créé par la France et qui célèbrera sa vingtième édition du 29 au 31 mai 2018 au Hong Kong Convention and Convention Centre.


Pierre Gagnaire, Chef (Mandarin Oriental)

Ces Français qui brillent à Hong Kong
La gastronomie est le domaine d’excellence de la France. L’art de la table fait la renommée de la France et participe à la décision des étrangers de visiter la France autant que les monuments historiques. Le Ministère des affaires étrangères se plait à rappeler l’importance de la gastronomie dans l’attractivité touristique de la France. 

L’art français de la table exerce aussi une forte influence sur la gastronomie mondiale. Adulés comme des stars, les chefs sont devenus les ambassadeurs du repas gastronomique français, classé par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité depuis 2010. L’hégémonie des chefs français était encore sans appel jusqu’au début des années 2000.

Les plus grands restaurants français continuent d’ouvrir leurs portes à l’étranger. Rompu aux influences étrangères, le port parfumé ne fait pas exception à la règle. « Je constate qu’à Hong Kong, mais plus largement dans toute l’Asie, la cuisine française reste très recherchée et jouit d’une image très positive », reconnait Jean-Denis Le Bras, ancien chef doublement étoilé au Pierre. Dans la ville aux 62 restaurants étoilés, sept chefs étoilés français sont récompensés au dernier classement du guide Michelin : Joël Robuchon (L’atelier), Alain Ducasse (Rech), Pierre Gagnaire (Pierre), Guillaume Galliot (Caprice), Banallal Akrame (Akrame), Oliver Bellin (The Ocean). Malheureusement la fermeture récente du restaurant Serge et Le Phoque a réduit ce nombre à six. À ces restaurants étoilés, s’ajoutent plus d’une cinquantaine d’autres restaurants français ou proposant une cuisine française.

Des produits français d’exception  
La France exporte non seulement son savoir-faire mais aussi ses différents produits haut de gamme comme le vin, la charcuterie et le fromage. Les chiffres des importations de produits français sont évocateurs. En 2017, les importations totales de produits alimentaires français hors boissons à Hong Kong ont augmenté de 6,1 % en valeur (268 Millions USD). Comme il en est pour le vin, l’abolition des droits de douane et la souplesse des règlementations joue un rôle majeur dans ce succès, en facilitant l’importation de produits tel que foie gras, fromage, bœuf français que d’autres pays interdisent ou doit ils limitent l’importation. Le pouvoir d’achat et la curiosité des Hongkongais pour les cultures étrangères s’ajoutent encore aux raisons de ce succès.

Tous les chefs le reconnaissent : si la cuisine française tient sa notoriété de ses mets réputés et de la qualité des ingrédients, la fraîcheur d’un produit est une des clés du succès et de la réputation de leurs restaurants. L’enjeu est de taille et mobilise des circuits d’approvisionnement d’une efficacité redoutable. A cet égard, la situation géographique de Hong Kong à moins de 4 heures de vol des plus importants marchés d’Asie est un avantage de taille et explique comment les chefs français parviennent à obtenir des produits frais japonais de premier choix. Hong Kong est le premier hub logistique d’Asie. Premier aéroport mondial pour le fret, l’aéroport international de Hong Kong est l’un des aéroports asiatiques les plus sophistiqués. Les chefs français sont les premiers surpris par la vitesse à laquelle les produits français arrivent dans leur cuisine. Qui pourrait croire en effet que le chef de l’Atelier Joël Robuchon à Hong Kong est livré de Rungis avant son homologue de Monaco !